« A compter de ce jour la mort a définitivement fait son apparition, négation de toute existence, rejet
et dégoût de tout phénomène.
Je ne sais pas véritablement la durée de cette impression,
Mais si elle s'avère permanente, cela va donner d'étranges résultats de vie . »
Quelques mois auparavant, j'avais rédigé le petit passage ci-dessus dans un texte nommé À compter de ce jour. Je suis en plein dedans, ces fameux étranges résultats de vie.
Ce qu'il y a d'appréciable dans l'écriture, c'est la temporalité et la certitude de ne pas être un menteur, car la relecture de mes textes montre (me montre) que je ne me suis pas menti, que je n'ai commis que quelques erreurs d'anticipation, que peu de ces erreurs s'éloignent de la réalité, et que je joui d'un certain don de prédiction. Si je n'ai pas le respect de l'humanité dans son ensemble, il semble que j'en possède pour mon ego, et que je tends à une certaine honnêteté qui s'argumente d'elle-même dès lors que je passe un bout de temps à relire ces textes.
J'ai effectivement changé, et compris que l'unique frustration, origine de mes souffrances, celle dont les retours se font sentir comme le claquement d'un fouet enflammé à fréquence basse, était de ne pas accepter qu'il existait une possibilité personnelle et exploitable de vivre comme tout le monde, ce qui se résume très vite :
- hédonisme.
- rejet du plus faible.
- lacération de l'être boiteux : vol d'énergie, déresponsabilisation permanente et perverse.
- et égoïsme sans fin et sans autocritique.
J'ai eu, dans ma courte vie, l'occasion et le temps de côtoyer tout ces individus qui portent véritablement bien leur qualificatif d'individu. L'individuation anéanti le modèle principal que j'avais établi sur le plan social, elle détruit mes espoirs d'unicité et montre qu'il est individuellement naturel, et très commode, de se donner une importance, d'amplifier le sentiment de participer au monde, de le modeler, et finalement d'agir dans son intérêt propre en perpétuant l'automensonge d'une utilité globale et d'une compassion fantasmée.
Je n'arrive tout de même pas à être totalement comme ces gens, je ne peux pas en venir à leurs degrés d'ignorance et de rejet instinctif. La lucidité est trop grande, et le dégoût de l'humanité dans sa totalité est dominant. Mais je suis sur une voie similaire, un genre d'individu dont il ne faut pas, en aucun cas, essayer de faire le moindre mal, ni même essayer de partager la moindre souffrance si je n'ai pas pris l'initiative d'en comprendre le début (cela m'arrive encore parfois, erreur de débutant en hédonisme). Je prends le risque d'une schizophrénie douloureuse tout de même, mais cela devrait valoir la peine.
Bref, je deviens un sacré enculé (ce qui n'est pas exactement dans ma nature), je ne porte aucun respect, ni à ma famille, ni à mes futures, ou ex., ou ex-qui souhaiterais-se-remettre-avec-moi, ou quiconque de ce monde. Je n'aurais dorénavant du respect que pour mes amis (c'est à dire une poignée d'humain) et je ne leur pardonnerais même pas le moindre faux pas dans l'avenir.
Je me rend compte que ce rôle d'enculé me va très bien, car il colle avec ma nature solitaire, celle-la même qui m'éloigne du monde pour quelques jours ou quelques mois, le temps de me nourrir de silence et d'apaiser les brûlures internes.
Je change donc de cap, et par conséquent, je change de mentalité et d'expression. La haine voyage beaucoup plus vite de son origine nerveuse à son expression orale ou physique. La colère et le mépris également ont un champ d'expression plus vaste. Et le nihilisme radical restera définitivement le seul modèle que je puisse me construire me permettant d'évoluer calmement.
L'idée permanente que je peux à chaque instant me tuer volontairement m'aide profondément à avancer et annihile toute notion de peur, d'empathie, de mort (c'est très contradictoire pourtant).J'en ai conclu que la mort ne me faisait pas bien plus peur que la vie, pour l'avoir approchée quelques fois (la mort hein, pas la vie...), je n'en n'ai ressenti que très peu (de peur hein, pas de mort, ou de vie...), simplement une déception d'avoir raté l'occase.
Mes 2 lecteurs annuels seront peut être déçus, ou pas, je n'en ai aucun ressentiment, je m'en fous totalement.
Un nouvel espace d'expression sera mis en place, je ne sais pas quand, je ne sais pas sous quelle forme, ni sous quel site, mais il existera, dès lors que les nouvelles créations seront abouties (et je me promet de travailler cette fois-ci, ce ne sera pas de l'improvisation, comme depuis toujours, comme ici).
PS : Juste un petit retour qui me tracasse. J'avais écrit, dans le texte « Ca va, ça vient, la mort se réjouit, et la fée n'est pas là (pas relu, impro) »
« L'amour, soi-disant, devait m'aider...il s'avere que la seule chose que j'ai pu recolter c'est un
conflit de pouvoir permanant, une comparaison de chaque instant, un bras de fer inutile melant ignominie, sarcasmes et mechancetés.
Loin d"etre parfait, j'ai plongé avec desaroi dans cette mascarade de rapports humain pitoyables, j'ai cru bon d'aller donner ce je ne possede pas à quelqu'un qui ne le desirait pas
vraiment.
Il semblerait que deux vies soient vraiment foutues pour les mois, peut etre les années à venir. »
(Qu'est ce qu'il y a comme fautes !)
J'ai commis une grave erreur de jugement, j'ai pêché par orgueil. Il s'avère que seule ma vie soit foutue (et ce depuis l'origine, depuis le testicule de mon pere), car je sais que je suis inutile, sans vie et sans intérêt. Je le sais et si je l'exprime ce n'est pas pour me plaindre, mais parce que c'est une réalité. Vous ne valez pas mieux que moi, vous êtes, tous autant que les autres, autant que moi, sans vie et sans intérêt. En revanche, l'importance que vous donnez à la vie fait de vous des êtres d'une matrice secondaire dont je suis exclu, dans laquelle je m'efforce d'évoluer, a minima d'entrer, avec beaucoup d'efforts tout de même.
Donc, voila, je conclurais sur cette excuse, par respect pour l'honnêteté intellectuelle que je m'efforce d'entretenir, l'extrait plus haut est totalement faux et n'a pas lieu d'exister, ni dans mes pensées ni par écrit, ce petit retour est là pour corriger ce faux tir.
Adieux humains inconnus, ou connus,
Nous ne nous verrons plus.
Ce fut un plaisir, malgré tout.

Il est nécessaire d’anéantir les études d’arts (pour sa survie).